Communiqué du MEDEF Sud

Défendre l’apprentissage, c’est promouvoir la jeunesse !

Alors que la France avait fait de l’apprentissage — du CAP au diplôme de niveau supérieur — l’un des leviers les plus efficaces d’accès à l’emploi pour les jeunes et de réponse aux besoins en compétences des entreprises, les récentes mesures budgétaires prises par le Gouvernement vont rompre la dynamique positive que nous avons construite ensemble, si nous ne rectifions pas le tir rapidement.

La baisse significative des soutiens à l’embauche des apprentis et l’instauration d’un « reste à charge » pour les contrats préparant des diplômes de niveau supérieur traduisent une tendance préoccupante à faire supporter l’effort budgétaire aux entreprises tout en fragilisant un dispositif qui fonctionnait. 

Dans un contexte économique exigeant, les entreprises ne sont pas des bénéficiaires passifs du système d’apprentissage : elles en sont les moteurs essentiels. Chaque contrat d’apprentissage mobilise des ressources internes, du temps et de l’expertise, bien au-delà des dispositifs d’accompagnement publics. Leur rôle ne se limite pas à financer : elles forment, accompagnent, tutorent, intègrent et créent des opportunités de carrière. C’est cette implication concrète qui fait de l’apprentissage un tremplin vers l’emploi — rôle qui ne saurait être dissocié de la Contribution Unique à la Formation Professionnelle et à l’Alternance (CUFPA), versée par les entreprises pour alimenter l’ensemble de la chaîne de formation professionnelle.

Or, affaiblir l’apprentissage en augmentant les coûts directs pour les entreprises et en réduisant les incitations financières est une erreur de trajectoire stratégique. Cela revient à dire que l’on souhaite moins d’apprentis, alors même que notre économie a besoin de talents formés rapidement, qualifiés et opérationnels.

Mais au-delà des entreprises, c’est l’avenir des jeunes qui est en jeu. L’apprentissage n’est pas réservé à une élite : il est une voie d’excellence pour tous les niveaux de qualification, une voie d’insertion sociale et professionnelle pour celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans les parcours traditionnels. Le manifeste en faveur de l’apprentissage récemment lancé par le MEDEF rappelle que ce dispositif est une politique jeunesse gagnante, qu’il contribue à l’ascenseur social et qu’il doit être soutenu dans son ensemble — du CAP au Master — sans opposer les voies ni créer de hiérarchie artificielle entre niveaux de formation. 

Faire des choix budgétaires qui pénalisent l’apprentissage, c’est envoyer un message contradictoire à des jeunes qui cherchent des perspectives, à des entreprises qui innovent dans la formation, et à toute une filière qui s’est mobilisée pour faire de la France une grande nation de l’apprentissage.

Nous appelons donc à :

  • Maintenir des soutiens à l’embauche stables et attractifs pour toutes les entreprises, quels que soient leur taille et les niveaux de qualification visés.
  • Revaloriser durablement l’apprentissage dans toutes ses dimensions, sans opposer les filières supérieures et les parcours infra-baccalauréat, car c’est l’ensemble du dispositif qui constitue un pilier de notre système de formation.
  • Reconnaître pleinement la contribution des entreprises — non seulement financièrement, mais aussi humainement — dans la réussite des jeunes et la construction des compétences de demain.

Nous, organisations économiques représentant les entreprises et les acteurs de la formation en région, réaffirmons que défendre l’apprentissage, c’est promouvoir les jeunes, c’est valoriser l’emploi, c’est assurer l’avenir de notre pays.

Stéphane Benhamou, président du MEDEF Sud

Thierry Berger, président de Formasup Méditerranée

Bertrand Schaupp, président du MEDEF Pays de la Loire

Gérald Noc, président de Formasup Pays de la Loire

Tribune MEDEF x Formasup