Le MEDEF Sud consacre un livrable au logement des actifs en Provence-Alpes-Côte d'Azur : les entreprises ne peuvent pas se substituer durablement à une véritable politique du logement

Le MEDEF Sud publie, via son think tank Nouveau Cap, sa sixième note intitulée « Le logement des actifs en Provence-Alpes-Côte d’Azur : un enjeu pour l’économie régionale ». Ce travail met en évidence les conséquences économiques d’un marché du logement aujourd’hui profondément bloqué et formule des propositions pour construire une politique du logement plus cohérente, plus stable et davantage adaptée aux réalités des territoires.

Lors de sa présentation le 24 septembre dernier à Sciences Po Aix-en-Provence autour d’une table ronde en présence d’experts, Stéphane Benhamou, président du MEDEF Sud, a dressé un constat : « Il nous a semblé plus qu’urgent de nous emparer de cette problématique car le logement n’est plus uniquement une problématique sociale. Il est devenu une condition à l’emploi, à l’attractivité des territoires et au développement économique régional. »

Le marché du logement sous tension

Les différents segments du marché du logement ne parviennent plus à répondre aux besoins des ménages de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, septième région la plus peuplée de France avec plus de 5,2 millions d’habitants.

Le parc social est particulièrement sous tension : plus de 230 000 demandes de logements sociaux sont en attente dans la région, soit environ 9 demandes pour une attribution, avec un délai d’attente moyen estimé à deux ans. Le taux de rotation du parc social s’établit par ailleurs autour de 4 % en région, contre 7,3 % au niveau national.

Dans le même temps, l’accession à la propriété devient plus difficile pour les classes moyennes, tandis que le logement intermédiaire reste insuffisamment développé et le parc locatif privé – ancien relais des parcs social et intermédiaire – connaît lui aussi de fortes tensions.

Le cadre réglementaire – bien que nécessaire – est devenu trop complexe, instable et déconnecté des réalités locales. Il participe au ralentissement des projets et décourage les volontés d’investissement.

Cette situation est aggravée par une inadéquation croissante entre l’offre et les besoins. Vieillissement de la population, augmentation des divorces et des séparations, étudiants, alternants, jeunes actifs ou travailleurs saisonniers : les parcours de vie évoluent, mais l’offre de logement ne suit pas ces transformations.

À ces difficultés, s’ajoutent les spécificités de la région Sud : forte attractivité touristique, poids des résidences secondaires et des meublés de tourisme, tensions dans les bassins d’emplois et éloignement croissant entre le domicile et le travail.

Une crise aux conséquences multiples

Derrière chaque logement inaccessible, ce sont des emplois, des entreprises et des territoires qui sont concernés.

Les difficultés à se loger peuvent conduire des actifs à renoncer à une opportunité professionnelle ou à une mobilité. Pour les entreprises, cette crise du logement complique le recrutement et la fidélisation des salariés. Pour les territoires, elle accentue les déplacements domicile-travail, la pression sur les infrastructures de transport et les fractures territoriales.

Le coût du logement pèse également directement sur le pouvoir d’achat des ménages et, par conséquent, sur la consommation et l’économie locales : en moyenne, 40 % du budget des ménages est alloué au logement tandis que pour les ménages les plus précaires, cela peut représenter jusqu’à 60 % de leur budget.

Le livrable met ainsi en évidence une crise aux conséquences économiques, sociales, territoriales, environnementales et démographiques.

Des entreprises régionales mobilisées

Face à cette situation, les entreprises se mobilisent déjà : accompagnement social des salariés, solutions de logement temporaire ou d’urgence, partenariats avec les acteurs du logement...

À travers la Participation Employeurs à l’Effort de Construction (PEEC), les entreprises – de plus de 50 salariés –, participent également au financement de la politique du logement. Action Logement, chargé de récolter cette participation, constitue un acteur majeur du financement de la construction et de l’accompagnement des salariés au travers la mise en place de dispositifs d’aides et d’accompagnement.

Toutefois, pour le MEDEF Sud, ces initiatives ne peuvent se substituer durablement à une politique publique du logement structurée et de long terme.

Les propositions du MEDEF Sud

À la suite de ses échanges avec une trentaine d’acteurs – entreprises, fédérations professionnelles, collectivités, parlementaires, acteurs du logement et associations – le MEDEF Sud a ainsi formulé plusieurs propositions, organisées autour de trois grandes priorités, afin de construire une politique du logement globale et transversale :

  • Produire davantage de logements : simplifier les procédures, libérer le foncier, réduire l’inflation normative et faciliter la construction.
  • Adapter la politique du logement aux territoires : décentraliser la politique du logement, tout en associant les acteurs économiques à l’aménagement des territoires afin de mieux prendre en compte les réalités démographiques, économiques et géographiques locales, et ce faisant les besoins futurs en logements.
  • Valoriser l’investissement locatif privé, encourager les rénovations et libérer le parc social : stabiliser les dispositifs d’aide et construire un cadre fiscal et réglementaire plus lisible pour les propriétaires et les investisseurs afin de favoriser la rénovation ; remettre des logements sur le marché ; recentrer le logement social sur les actifs les plus fragiles et développer massivement le logement intermédiaire afin de fluidifier les parcours résidentiels.

Pour le MEDEF Sud, l’urgence est désormais de dépasser la multiplication d’annonces pour construire une politique du logement cohérente, stable et pensée sur le long terme.

À l’approche de la présidentielle, le MEDEF Sud appelle ainsi à faire du logement une priorité nationale portée par une politique globale, capable d’articuler production, rénovation, investissement, logement social, logement intermédiaire, parc privé et aménagement des territoires.

A propos de Nouveau Cap, le think tank du MEDEF Sud

Créé en 2017 et incubé par le MEDEF Sud, Nouveau Cap est un think tank dédié à l’analyse des grands enjeux économiques du territoire. Au-delà de dresser un constat, ces livrables visent à formuler des propositions concrètes d’aide à la décision et à l’action. Depuis sa création, Nouveau Cap a notamment travaillé sur la démocratie (2018), la fiscalité (2019), l’Europe (2021), l’alternance (2022) ou encore la ressource en eau (2025).

Les notes rencontrent un écho aux niveaux régional et national auprès des décideurs économiques, acteurs institutionnels et élus.

Dossier de presse - note sur le logement